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Pete Gagan: un pionnier des motos historiques au Canada

Bien qu’il soit lui-même un fervent admirateur des pionniers du monde entier qui ont fait l’histoire du motocyclisme, les propres accomplissements de Pete Gagan au fil de sa vie font de lui un pionnier de notre époque. Il transmet avec enthousiasme sa passion pour les machines historiques au Canada et dans le monde entier.

Tout a débuté dans l’Ontario en 1968, où Pete a été l’instigateur de ce qui est ensuite devenu le Canadian Vintage Motorcycle Group. Par la suite, sa vie professionnelle l’a emmené à l’Ouest, avec des étapes à Sudbury dans l’Ontario, à Calgary et Lethbridge en Alberta pour finir à Vancouver. Dans chaque localité, son enthousiasme contagieux a permis de faire connaître les joies des motos anciennes et l’esprit de camaraderie qui anime leurs propriétaires. Aujourd’hui, il est au cœur d’un groupe de motocyclistes vintage près de son domicile actuel, qu’il partage avec sa femme Mary Jane, à Parksville en Colombie-Britannique.

En grandissant à Port Crédit, dans l’Ontario, au milieu des années 1950, Pete a pu constater qu’acquérir des informations à propos des premières motos n’était pas chose facile. Le plus simple était de s’informer par expérience directe ou en sollicitant la contribution des anciens disposés à partager leurs connaissances, leur vécu. Bien qu’il ait détenu et piloté quelque 150 machines prestigieuses originaires de différents pays du monde, sa toute première moto fut une Francis-Barnett Merlin 1950 de fabrication britannique. Elle n’avait que quelques années lorsque Pete en a fait l’acquisition à seulement 14 ans, grâce à l’argent gagné en tondant les pelouses du quartier.

Sa capacité à tisser des réseaux et son enthousiasme l’ont rapidement mené à sa deuxième acquisition, une Indian de 1912 qui était appuyée contre une clôture recouverte de vignes et ne lui a coûté que $15. Après une restauration rudimentaire, il a pu la chevaucher à l’occasion d’une épopée sur longue distance réservée aux véhicules anciens, bien qu’il ait finalement été contraint de pédaler sur une bonne partie du trajet. Il a par la suite entendu parler d’une machine encore plus ancienne, une CCM de 1908 produite par Canada Cycle et Motor Co. à partir d’une bicyclette utilitaire équipée d’un moteur escamotable fabriqué en Suisse par Motosacoche. Elle était dissimulée derrière une chaudière dans la cave d’une maison de Toronto depuis la fin des années 1930. Il l’a obtenue au prix de $5, mais au bout de plusieurs décennies, Pete a pu l’échanger pour une Indian Four restaurée.

Parmi ses premiers mentors, citons Charlie Emmans, un homme du même âge que le père de Pete et qui avait participé à toutes les Pioneer Runs de Londres à Brighton (Angleterre), dédiées aux machines pré-1915 avant d’émigrer au Canada. Un autre de ses mentors était Bert McKie, superintendant en chef de la police provinciale de l’Ontario et patrouilleur à moto à partir de 1940. Ils comptaient parmi les amis conviés par Pete à une réunion informelle dans sa maison à l’automne 1968. Une douzaine de personnes étaient en présence, aujourd’hui le CVMG compte 2 700 membres.

Moins de deux ans plus tard, Pete a déménagé vers l’ouest et le club s’est développé sans sa participation directe. Il entretenait également des liens de longue date avec l’Antique Motorcycle Club of America qu’il a rejoint en 1959. Charlie Emmans et Pete ont participé à quelques réunions de l’AMCA à l’époque, mais après s’être installé dans sa maison de White Rock en Colombie-Britannique, Pete est devenu un participant assidu aux réunions de l’AMCA de la côte ouest. C’était un visage familier de l’AMCA et à la fin des années 1990 il avait pris la présidence de l’organisation aux 12 000 membres, un poste qu’il occupera près de six ans. Il a siégé au conseil de trois musées américains consacrés à la moto, a été curateur de l’exposition l’Art de la moto du musée Guggenheim, puis en 2007, il a contribué à la création de l’Antique Motorcycle Foundation.

Pete était aussi un avide participant aux courses historiques sur route organisées par le Westwood Motorcycle Racing Club. Il a collectionné plusieurs machines de course intéressantes et les a prêtées avec générosité à ses amis et aux invités conviés aux courses organisées chaque année jusqu’à la fermeture de la piste située près de Coquitlam, Colombie-Britannique, en 1990. Il a été le premier et le seul concurrent à piloter une Scott Flying Squirrel à Daytona, il a également produit et figuré dans une série de vidéos de divertissement diffusées sur YouTube, baptisée Pete’s Garage. 

Pete a engagé l’artisan originaire de Colombie-Britannique Paul Brodie pour lui construire une réplique de la bicyclette à vapeur sur laquelle l’inventeur Sylvester Roper a trouvé la mort dans le premier accident mortel connu en 1896. Par la suite, avec l’aide et les encouragements de Pete, Brodie a commencé à construire une petite série de répliques de l’Excelsior 1919 dédiée aux courses sur piste en bois. Toutes les originales ayant été détruites sur ordre du propriétaire de l’entreprise, Ignaz Schwinn, la plupart des détails de cette réplique remarquable sont tout droit sortis de l’imagination de Brodie.

La passion que Pete voue aux motos vintage n’a pas pris une ride. Sa collection compte aujourd’hui encore quelques motos exotiques et historiques, toutefois sur son trajet pour aller boire un café le dimanche matin, il privilégie un démarreur électrique. Pete et Mary Jane sont régulièrement invités à des événements dédiés aux motos historiques en Europe, d’ailleurs Pete a été nommé représentant d’Amérique du Nord pour la FIVA, la Fédération Internationale des Véhicules Anciens. Il incarne véritablement le Johnny Appleseed de la moto vintage.

Pete Gagan: un pionnier des motos historiques au Canada